L’intelligence artificielle est-elle une menace pour votre emploi ?
L’intelligence artificielle est-elle une menace pour votre emploi ?

Les acteurs du monde du travail le constatent: l’intelligence artificielle est de plus en plus présente dans la marche des affaires. Avec elle, de nouveaux procédés et des robots intelligents réalisent certaines tâches, autrefois dévolues à l’homme. Avec quelle(s) conséquence(s) pour l’avenir des travailleurs ?

Certains travailleurs en sont persuadés : l’intelligence artificielle est la source d’un chômage futur généralisé. Certaines études s’avèrent d’ailleurs alarmistes sur le sujet. Selon le cabinet McKinsey, la montée de l'automatisation et de la robotisation, associée aux intelligences artificielles, pourrait carrément faire disparaître 800 millions d'emplois d'ici 2030... mais sans pour autant spécifier le nombre d’emplois créés dans l’intervalle. Car ne l’oublions pas : l’innovation technologique et le progrès économique ont toujours existés dans l’histoire humaine. Créant des pans nouveaux de l’économie, sans forcément impacter négativement la création d’emplois. Ainsi, selon le bureau américain des statistiques sur le travail, en 1950, seulement 55% de la population en âge de travailler aux États-Unis était employée. En 2015, ce pourcentage était passé à 60%, soit une augmentation nette d'environ 100 millions d'emplois. Et ce malgré l'introduction de nombreuses technologies potentiellement destructrices d'emplois telles que les guichets automatiques, les ATM... A cet égard, notons que d’après une étude réalisée par vingt experts du domaine numérique (universitaires et professionnels), 85% des emplois en 2030 n'existent même pas encore aujourd'hui.

Anticiper la situation dès maintenant

Quoiqu’il en soit, et pour appréhender au mieux les changements à venir, les acteurs du monde du travail vont devoir relever le défi de l’intelligence artificielle en allant au-devant des transformations annoncées. Pour ce faire, les travailleurs vont réfléchir aux emplois qu’ils occupent et aux tâches qui les composent, de même qu’aux compétences dont ils pourront avoir besoin à l’avenir. La nature de leur emploi étant corrélée à sa possible disparition, il va de leur « survie » de déterminer les emplois les moins à même d’être robotisés. A l’heure actuelle, un emploi comprend souvent la réalisation de tâches différentes - et même si certaines sont sous le coup d’une possible automatisation, d’autres ne le sont pas…  Les tâches physiques prévisibles seront les plus faciles à automatiser avec certitude. Les machines sont parfaites pour les travaux de routine à grand volume. Elles utilisent la puissance mécanique pour remplacer les muscles humains. Les machines remplaceront également les personnes dans les tâches administratives et les tâches subalternes. Mais elles resteront en retrait lors de tâches abstraites telles que la résolution de problèmes complexes ou lors d'interactions nécessitant de l'empathie ou du bon sens. Elles ne traiteront pas non plus facilement les nouveaux métiers dans lesquels peu de données sont disponibles. L'apprentissage automatique repose sur un historique accessible et rempli de données à partir duquel le système informatique peut tirer des conclusions. Ainsi, la gestion des personnes, la résolution de problèmes non structurés et l’innovation resteront quasiment impossibles à déléguer à un robot, quelle que soit sa programmation. C’est vers ces métiers que les travailleurs devront donc aller. De leur côté, les employeurs devront eux cartographier les emplois contenus dans leur organisation, pour ensuite les décomposer en tâches distinctes. Le but ? Identifier les tâches idéales pour les humains et celles mieux adaptées aux machines. Tous les emplois actuels d’une entreprise pourront être réévalués de cette manière.

Se former… grâce à l’IA

Pour cadrer aux tâches nouvelles qui feront leur apparition dans les prochaines années, le travailleur devra donc faire preuve de flexibilité. Il devra apprendre sans cesse de nouvelles compétences pour se rendre indispensable. Les entreprises devront l’aider à améliorer et à acquérir des connaissances requises par le marché. Pour ce faire, certaines sociétés (entreprises, gouvernements), ont pris le problème à bras le corps, en misant sur une formation soutenue et efficace. C’est le cas de Singapour qui a récemment lancé SkillsFuture SG, un "mouvement national visant à fournir aux Singapouriens la possibilité de développer leur plein potentiel tout au long de leur vie, indépendamment de leurs points de départ." Ce genre de programme s'appuie sur des nouvelles technologies pour améliorer et accélérer la capacité d'apprentissage des travailleurs. Ces outils apparaissent rapidement, et sont basés par exemple sur la biologie neuronale, les nouveaux paradigmes informatiques et l’apprentissage automatique. Paradoxalement donc, les nouvelles technologies qui découlent de l’intelligence artificielle, représentent aussi le moyen pour les travailleurs de s’inscrire durablement sur le marché de l’emploi…

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